Ile d’Ouessant (merci Estienne), automne 2016.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
3 Commentaires
  1. Le Creac’h à l’île de Sein ? Il court, il court ! La dernière fois que je l’ai croisé, c’était à Ouessant … mais depuis, il est peut-être à Molène 🙂 Bon, le commissaire est sur sa trace, on devrait avoir bientôt des nouvelles !!!

  2. Désolé. Je ne suis jamais allé à Sein, C’est une erreur dramatique, M. Le Commissaire.
    Je rectifie de ce pas.

  3. Qui voit Ouessant …
    Qui voit Sein …
    Il fallait se méfier Matou !

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.