La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
12 Commentaires
M.RVR
sur 25 décembre 2025 à 13h50
Une vieille spécialité bretonne.
PS Le fougueux destrier de la gare de Rennes n’est il pas le cheval d’orgueil de PJE ?
Matoufilou
sur 25 décembre 2025 à 15h28
La tomate de noël, spécialité BZH ? Je l’ignorais.
Quant au cheval de la gare de Rennes, je te rappelle que la figure du cheval est centrale dans le monde celte. Il est partout et partout divinisé. A travers notamment le fameux Marc’h, probablement hérité d’une divinité antérieure néolithique vouée à la mer. Les cavaliers bretons ont été longtemps craints par leurs ennemis et on sait que les troupes de Brennos, aux portes de Rome, au début du IVe siècle avant JC, avaient vaincu les armées latines, déjà redoutés, par la force de leur cavalerie. On ne compte plus les légendes bretonnes associées au cheval (Ar marc’h dall par exemple). Donc ce cheval, symbole d’une entrée en Bretagne, je pense qu’il échappe à la référence du seul PJH.
M.RVR
sur 26 décembre 2025 à 9h54
Tu serais donc plutôt Grall que PJ H ?
Matoufilou
sur 26 décembre 2025 à 10h32
Oui, j’ai une grande admiration pour Xavier Grall. Son Cheval couché était polémique et outrancier, mais balançait un Cheval d’orgueil nostalgique, qui embaumait une Bretagne perdue. La vie d’un côté, le deuil de l’autre. La vérité comme toujours était au milieu, mais cette polémique (que je n’ai découverte qu’avec le recul des années) a fait du bien à la Bretagne. Elle prouvait une vitalité qui depuis ne subsiste plus que par le fait culturel, et notamment musical.
Ce cheval de la gare de Rennes, oui, donc, il est aussi une référence à cette polémique, ni couché, ni d’orgueil. Un vrai beau cheval étrange (la photo ne le montre pas mais il a non seulement six pattes mais deux têtes).
Merci, Hervé, de montrer cet intérêt pour la Bretagne.
Estienne
sur 26 décembre 2025 à 14h52
Et bien ! Ma culture progresse en ce jour de Noël ! Etude sur le cheval vu de la Bretagne et douceur du climat qui permet encore des tomates au cœur de l’hiver ! Bonne fin d’année à tous !
M.RVR
sur 27 décembre 2025 à 10h03
Mon intérêt pour la Bretagne tient à mes attaches familiales du côté maternel.
Mon arrière grand mère, que je n’ai pas connue , était de Saint Jacut de la mer et parlait jagun.
Mon arrière grand père était de Landéberon et parlait breton. Exilé en pays gallo il se comprenait avec des irlandais de passage qui s’exprimaient en gaélique.
Les générations suivantes ne parlaient que le français. et après moi, personne ne s’en souviendra plus.
Mes incursions en Bretagne se limitent dorénavant à la gare Montparnasse une ou deux fois par an. Ça peut expliquer l’attrait pour Le cheval d’orgueil, même si bien sûr, le coup de gueule de Grall était nécessaire.
Matoufilou
sur 27 décembre 2025 à 15h20
Tu avais déjà évoqué ces aïeux bretons lors d’une précédente publication.
Beaucoup de Bretons se sont établis en pays tourangeau : il y a une longue tradition depuis l’époque d’Anne de Bretagne. Sans parler même de celle de Nominoé, mort à Vendôme lors de l’une de ses razzias coutumières à la saison des vendanges (je dois avoir quelque part une photo de sa statue).
Et sans parler des Bretonnes tombées en amour pour le Tourangeau, comme ma fille de 20 ans, ou les Bretons qui croisent une Tourangelle dans un camp de vacances, à Piriac ou à Ploufragan, et s’installent sur les bords de Loire, au prétexte d’études mais mon œil. Le Breton a toujours été un nomade pour mille raisons, à commencer par le soleil, qui ne s’arrête pas de tourner (alors pourquoi pas lui — même si depuis on sait que c’est nous qui tournons autour comme des hamsters sur leur tourniquet).
J’aime bien ces dialogues de Noël, même si on n’est peut-être plus sur le bon blog. MDR !
M.RVR
sur 27 décembre 2025 à 16h08
Bon, je radote un peu. Mais je n’ai pas tout dit de leur vie à tous les deux qui ne fut pas inondée de bonheur.
Matoufilou
sur 27 décembre 2025 à 20h36
Non, tu ne radotes pas, et ces histoires de nos aïeux sont d’autant plus passionnantes qu’on a basculé dans un autre monde. On a l’impression de parler d’une époque lointaine, alors qu’à l’échelle de la grande histoire c’était hier.
Estienne
sur 27 décembre 2025 à 21h25
De mon coté, si mes parents étaient lorrains, ma marraine et mon parrain étaient bretons ! Et tout ce beau monde s’est retrouvé au fin fond de la Lorraine au sortir de la deuxième guerre mondiale, rencontres improbables dans le chaos de l’Histoire …
Matoufilou
sur 27 décembre 2025 à 23h59
Il faut se rappeler que la Bretagne, entre 1670 et 1950, est devenue une petite Irlande, aussi peuplée, miséreuse, pauvre et déshéritée qu’elle, et dont la diaspora, à son exemple, s’est dispersée dans le monde entier. La poussière de la route sous le pied est devenue caractère intrinsèque du Breton pendant presque trois siècles. Et d’une certaine façon continue sous d’autres formes : cette fois ce n’est plus le pauvre qui offre sa puissance de labeur au riche, mais le surdiplômé qui offre sa créativité et sa faculté d’adaptation aux quatre coins du monde. Hier on le méprisait, aujourd’hui on cherche à comprendre le miracle, et on voudrait l’imiter. Les landes gastes bretonnes sont devenues terre d’élection, Bécassine et les chapeaux ronds ont laissé place à des têtes pensantes et bien faites, les banlieues de Rennes, de Nantes et de Brest regorgent d’esprits pionniers dans tous les domaines. La Bretagne est aujourd’hui un laboratoire sociétal et scientifique de premier ordre.
Bonnes fêtes de fin d’année !
Une vieille spécialité bretonne.
PS Le fougueux destrier de la gare de Rennes n’est il pas le cheval d’orgueil de PJE ?
La tomate de noël, spécialité BZH ? Je l’ignorais.
Quant au cheval de la gare de Rennes, je te rappelle que la figure du cheval est centrale dans le monde celte. Il est partout et partout divinisé. A travers notamment le fameux Marc’h, probablement hérité d’une divinité antérieure néolithique vouée à la mer. Les cavaliers bretons ont été longtemps craints par leurs ennemis et on sait que les troupes de Brennos, aux portes de Rome, au début du IVe siècle avant JC, avaient vaincu les armées latines, déjà redoutés, par la force de leur cavalerie. On ne compte plus les légendes bretonnes associées au cheval (Ar marc’h dall par exemple). Donc ce cheval, symbole d’une entrée en Bretagne, je pense qu’il échappe à la référence du seul PJH.
Tu serais donc plutôt Grall que PJ H ?
Oui, j’ai une grande admiration pour Xavier Grall. Son Cheval couché était polémique et outrancier, mais balançait un Cheval d’orgueil nostalgique, qui embaumait une Bretagne perdue. La vie d’un côté, le deuil de l’autre. La vérité comme toujours était au milieu, mais cette polémique (que je n’ai découverte qu’avec le recul des années) a fait du bien à la Bretagne. Elle prouvait une vitalité qui depuis ne subsiste plus que par le fait culturel, et notamment musical.
Ce cheval de la gare de Rennes, oui, donc, il est aussi une référence à cette polémique, ni couché, ni d’orgueil. Un vrai beau cheval étrange (la photo ne le montre pas mais il a non seulement six pattes mais deux têtes).
Merci, Hervé, de montrer cet intérêt pour la Bretagne.
Et bien ! Ma culture progresse en ce jour de Noël ! Etude sur le cheval vu de la Bretagne et douceur du climat qui permet encore des tomates au cœur de l’hiver ! Bonne fin d’année à tous !
Mon intérêt pour la Bretagne tient à mes attaches familiales du côté maternel.
Mon arrière grand mère, que je n’ai pas connue , était de Saint Jacut de la mer et parlait jagun.
Mon arrière grand père était de Landéberon et parlait breton. Exilé en pays gallo il se comprenait avec des irlandais de passage qui s’exprimaient en gaélique.
Les générations suivantes ne parlaient que le français. et après moi, personne ne s’en souviendra plus.
Mes incursions en Bretagne se limitent dorénavant à la gare Montparnasse une ou deux fois par an. Ça peut expliquer l’attrait pour Le cheval d’orgueil, même si bien sûr, le coup de gueule de Grall était nécessaire.
Tu avais déjà évoqué ces aïeux bretons lors d’une précédente publication.
Beaucoup de Bretons se sont établis en pays tourangeau : il y a une longue tradition depuis l’époque d’Anne de Bretagne. Sans parler même de celle de Nominoé, mort à Vendôme lors de l’une de ses razzias coutumières à la saison des vendanges (je dois avoir quelque part une photo de sa statue).
Et sans parler des Bretonnes tombées en amour pour le Tourangeau, comme ma fille de 20 ans, ou les Bretons qui croisent une Tourangelle dans un camp de vacances, à Piriac ou à Ploufragan, et s’installent sur les bords de Loire, au prétexte d’études mais mon œil. Le Breton a toujours été un nomade pour mille raisons, à commencer par le soleil, qui ne s’arrête pas de tourner (alors pourquoi pas lui — même si depuis on sait que c’est nous qui tournons autour comme des hamsters sur leur tourniquet).
J’aime bien ces dialogues de Noël, même si on n’est peut-être plus sur le bon blog. MDR !
Bon, je radote un peu. Mais je n’ai pas tout dit de leur vie à tous les deux qui ne fut pas inondée de bonheur.
Non, tu ne radotes pas, et ces histoires de nos aïeux sont d’autant plus passionnantes qu’on a basculé dans un autre monde. On a l’impression de parler d’une époque lointaine, alors qu’à l’échelle de la grande histoire c’était hier.
De mon coté, si mes parents étaient lorrains, ma marraine et mon parrain étaient bretons ! Et tout ce beau monde s’est retrouvé au fin fond de la Lorraine au sortir de la deuxième guerre mondiale, rencontres improbables dans le chaos de l’Histoire …
Il faut se rappeler que la Bretagne, entre 1670 et 1950, est devenue une petite Irlande, aussi peuplée, miséreuse, pauvre et déshéritée qu’elle, et dont la diaspora, à son exemple, s’est dispersée dans le monde entier. La poussière de la route sous le pied est devenue caractère intrinsèque du Breton pendant presque trois siècles. Et d’une certaine façon continue sous d’autres formes : cette fois ce n’est plus le pauvre qui offre sa puissance de labeur au riche, mais le surdiplômé qui offre sa créativité et sa faculté d’adaptation aux quatre coins du monde. Hier on le méprisait, aujourd’hui on cherche à comprendre le miracle, et on voudrait l’imiter. Les landes gastes bretonnes sont devenues terre d’élection, Bécassine et les chapeaux ronds ont laissé place à des têtes pensantes et bien faites, les banlieues de Rennes, de Nantes et de Brest regorgent d’esprits pionniers dans tous les domaines. La Bretagne est aujourd’hui un laboratoire sociétal et scientifique de premier ordre.
Bonnes fêtes de fin d’année !
Gourin cité emblématique de ces migrations !