Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
13 Commentaires
  1. Ils ont une bonne bouille, ces deux petits poulbots ! Dommage que, sur le mur, l’ombre du flash les encadre … Autrement, un cadrage serré qui les met en valeur et un tirage intéressant.

  2. Je partage l’avis d’Estienne.

  3. Merci Estienne.
    Le flash s’est déclenché tout seul en mode automatique sur cette vue. Je me suis mis ensuite en mode manuel, voyant le potentiel du petit couple, mais trop tard, et je n’ai pas retrouvé sur les vues suivantes le charmant naturel de cette photo-ci.

  4. Merci HR.

  5. Charmants évidemment.Un peu plus d’hortensias n’aurait rien gâché! 🙂

  6. Ah je reconnais la Bretonne ! De quelle couleur les hortensias ?

  7. D’accord avec tous ces avis

  8. Matoufilou je ne pense pas que la couleur eut sauvé le cadrage!

  9. Le sujet pour moi ici c’était le petit couple, mais OK, je note la commande pour les hortensias.
    J’aimerais refaire la photo en studio sans les imperfections, mais au bout du compte je ne suis pas sûr qu’on conserverait le charme.
    Par ailleurs ce qui me gène, à titre personnel, et je pensais avoir des réactions dans ce sens, c’est la vue “genrée”, la fille qui exprime un sentiment et le garçon qui fait son petit mec. J’ai failli ne pas la retenir pour cette raison. Le cliché est conforté.

  10. Il eut été dommage de s’arrêter à cette réflexion ! Le genre existe quoi qu’en disent les “politiques corrects” et il y a des exceptions comme dans toutes bonnes règles.

  11. D’autant que, connaissant les deux lascars, la sentimentalité ici n’est pas où l’on croit. Comme quoi une photo…
    Merci Estienne.

  12. Une photo avec un naturel qui efface tous les défauts (éventuels)

  13. Merci Jean.

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