Autre exemple pour les sceptiques. J’en ai des dizaines ainsi pour ce seul alignement du Petit Menec.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
5 Commentaires
  1. La pierre “gros nez”.
    MRVR

  2. Par exemple. Ou Roi lion.

  3. Moi, j’y vois un lion d’Abyssinie, comme les stylisaient les Assyriens et autres peuples du Tigre et de l’Euphrate …

  4. une lionne qui observe son environnement.

  5. Retrouvé cette note du 11 août 2020 : “Les pierres anthropomorphes du Petit Menec, bestiaire de trognes incroyables, paraissent au levant introduire la thématique déployée ensuite vers le couchant. La « ligne de démarcation » dans le territoire, imaginée par Cassen, ligne symbolique, rassemblant et/ou séparant les communautés, par exemple les différents clans d’un même peuple, serait ainsi amorcée dans cet alignement premier par des dieux à la figure humaine, ou qu’on a de la peine du moins à ne pas lire comme tels, tant c’est l’effet qui semble recherché dans beaucoup de ces pierres dressées. Évocation des dieux, en même temps qu’invocation, manière de se les rendre familiers ou de conjurer la peur d’un divin trop lointain ? Je suis pour ma part très sensible à ce dialogue entre l’arbre et la pierre, l’homme et le dieu.”

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