Eh bien les aminches, c’est le printemps aujourd’hui, et j’espérais des envois de fleurs en nombre. Il ne faudrait quand même pas que les navrantes actualités internationales nous arrêtent dans notre élan et dans nos jeux. Pas plus d’ailleurs que les hauteurs atteintes ces derniers jours par le travail hors du commun de Jean Cazelles.
J’ai hésité pour ma part entre une explosion de pixels fous, une rêverie de château, un grand capricorne ou d’hésitantes fleurs de pommier d’ornement. J’opte finalement pour le plus simple… À vous lire et surtout à admirer vos travaux.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
5 Commentaires
  1. @ Estienne : La photo n’est pas dégradée, mais pointillée de nouveau. C’est pas mal en couleurs, mais j’avoue qu’en N&B la plus-value est mince, voire s’avère ici contre-productive. Juste un petit effet tremblotant à peine perceptible.

  2. Bon, alors, j’en fait quoi, moi, de mes banales fleurs de prunier ?
    MRVR

  3. Envoie, envoie, j’ai très envie de les voir.

  4. Un traitement un peu trop gris pour moi et qui mériterait un vignettage pour mettre en valeur les fleurs …

  5. Merci Estienne. J’ai fait l’exercice pour moi, j’ai éclairci les zones sombres, contrasté un peu plus l’ensemble, appliqué un vignetage et le résultat est plus vivant. Bien vu.

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