C’est quoi un paysage ?

En faisant un peu de ménage, j’ai retrouvé cet essai, qui date de janvier/février (ma période polyptyques)…

Le grand écart m’ayant paru non satisfaisant (texture, sens de la vue, lumière…), j’ai eu la tentation d’abord de le jeter, j’ai hésité, puis finalement l’envie m’est venue de vous le soumettre.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
6 Commentaires
  1. Tu a ezu raison de la publier. LVEG est un blog et toutes les tentatives y ont leur place.
    Il y a une certaine homogénéité dans de diptyque avec ces rigoles et ces plis.

  2. J’aime beaucoup celle de gauche et je ne comprends pas celle de droite … d’où est-elle prise ? D’avion ? Le diptyque est effectivement très hétérogène mais je crois que c’est la qualité très différente de la seconde qui pose problème dans cet ensemble … bien plus que les sujets, les matières ou les points de vues …

  3. De belles géographies! Il me semble qu’en diminuant les blancs de la seconde, la juxtaposition est plus homogène.

  4. @ Estienne : Oui la seconde est une vue d’avion. Je trouvais intéressant de mêler un paysage pris d’une hauteur d’1m avec un paysage pris d’une hauteur de 10km (ou pas loin).
    @ Jean : J’aurais beau faire, le blanc du haut et le noir du bas sont irréconciliables.
    Merci à tous les trois.

  5. J’aime bien les deux, moins le diptyque…
    Celle de droite est énigmatique, et puissante.

  6. J’adore en bord de mer jouer avec les fleuves. C’est un jeu d’enfance que j’ai perpétué adulte. Ici, nulle intervention, ce “fleuve” est en soi magnifique…
    Quant à la vue de droite, je te rejoins, Blagapart, c’est le même schéma en beaucoup moins éphémère, d’où l’idée d’associer les deux vues.
    Maintenant on aime ou pas l’association.
    J’en ai une ultime à soumettre : je m’attends aux mêmes réactions.
    Merci à tous.

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