Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
11 Commentaires
  1. E la nave va !

  2. E le navi vanno ! Quatre mille in tutto !

  3. Quelque chose de solennel ici, qui me semble décalé avec le titre.

  4. Très solennel, puisqu’il s’agissait de l’inauguration d’un parc urbain situé en bord de fleuve. Mais si les adultes se sont pris au jeu du lancement de l’armada des petits bateaux on a quand même bien rigolé, et, passé l’instant solennel de la mise à l’eau, tout le monde avait la banane.

  5. Deux clichés joints de mômes fascinés…

  6. La Vilaine ?

  7. Très sympa cette armada !
    Impossible de ne pas penser à la chanson enfantine

    …Maman les p´tits bateaux
    Qui vont sur l´eau
    Ont-ils des jambes? ….

    Une vision plus solitaire 😉
    https://www.lavieengris.com/?p=57654

  8. Une armada pour la fête ! Un très beau sujet avec le regret de ce bras coupé pour le personnage le plus à gauche … d’où peut-être un carré pour rattraper ce problème …

  9. @ Estienne : J’ai essayé le carré, mais ça ne passait pas. Ce que j’ai aimé ici, c’est précisément cette vague de bras accompagnant les p’tits bateaux…
    @ Henri : Il est mignon ce p’tit bateau tout seul…
    @ Jean : Tu as raison pour le titre, pas terrible, choisi par défaut d’avoir trouvé mieux. “Lâcher solennel” irait peut-être mieux.
    @ HR : La belle Vilaine, oui.
    @ Tous : Merci.

  10. Autre titre possible : “Les bras m’en tombent”.

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