C’était avant qu’on atteigne les étoiles, à Rennes, samedi, vers minuit…




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
9 Commentaires
  1. Et bien la sieste sous les feuillages vous a été profitable! Bravo pour la photo… et pour le reste! 🙂

  2. Matou, je me souviens de l’équipe entraînée par Jean Prouff.

  3. Un sujet difficile car on a déjà vu ici de superbes photos dans ce sens, certaines très proches de ton interprétations, d’autres avec des ambiances beaucoup élaborées comme les deux ci-après de Kora https://www.lavieengris.com/?p=60774 ou de Tristan https://www.lavieengris.com/?p=60774 et j’ai du mal à les oublier …

  4. @ Estienne : Les deux liens renvoient à la photo de Kora, et je n’ai pas retrouvé la photo de Tristan à laquelle tu songeais. Si tu peux retrouver le lien ? Celle de Kora est intéressante, avec cet effet lomo, mais j’aimerais voir cette de Tristan.
    @ Hervé : Ouf, j’ai cru un instant que tu avais vu jouer Raymond Kopa !
    @ Jean : Merci pour eux.

  5. Matou, j’aurais pu.

  6. Ah oui, superbe, j’aime beaucoup l’étrangeté de l

  7. … la photo de Tristan.

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