Allez, encore une petite dernière en ombres chinoises pour la route et pour finir l’année 2018 de manière contrastée, un peu comme on l’a tous vécue j’ai l’impression.

Bonnes fêtes de fin d’année à tous, et pour 2019 on voit la vie en gris, c’est-à-dire en beauté.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
6 Commentaires
  1. Encore des silhouettes intéressantes mais un ciel un peu gris pour moi …

  2. J’aime bien ces ombres chinoises, les pieds sur terre et la tête scrutant le ciel comme si elles s’interrogeaient sur le sens de la trajectoire qui s’y inscrit.

  3. La rêverie est très palpable !!!

  4. Le noir et blanc sans gris m’aurait suffit

  5. Poésie moins hautement spirituelle (ou spiritueuse) que celle qui s’est épanouie ici dans les premiers jours de janvier, mais la petite passerelle se voulait bien rêverie…
    Merci à vous, et bonne année 2019 à tous !
    C’est une grande joie pour moi que de vous avoir (enfin) rejoint photographiquement en 2018.

  6. Une joie partagée, Matou.

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