Port du Conquet, Toussaint 2016.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
10 Commentaires
  1. A l’ancienne. Superbe !

  2. Une brume qui réchauffe et nous fait voyager dans le temps. On a souvent parlé de tes virages ces derniers temps, celui-ci est parfait et parfaitement adapté à cette image.

  3. En ouvrant l’image, j’ai aussi pensé aux vieilles photos de famille avec le petit bord couleur sepia et les petits picots tout autour. D’accord avec JLB, le virage est juste ce qu’il faut : douceur et nostalgie associées !

  4. Conquet. Conquis.

  5. C’est pas Maigret avec sa pipe là-bas ? Superbe !

  6. très belle image avec une atmosphère poétique

  7. Très belle!

  8. Voilà qui fait plaisir, merci à vous tous.
    Je n’avais pas pensé à Simenon, mais c’est un peu l’atmosphère, ou l’univers du breton Jean Failler, avec ses Mary Lester. Brumeux à souhait.

  9. Bonjour,

    Un traitement “à l’ancienne” qui illustre bien le propos s’il n’était la présence des bagnoles… Du coup, la photo perd de son intemporalité…

    Photographier la Bretagne le jour de la Toussaint, faut être sacrément de bonne humeur…

  10. Le temps c’est comme figé dans cette atmosphère brumeuse. Très bon traitement à l’ancienne.

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