17 octobre 2018, Maison Internationale de Rennes, dans le cadre du fantastique festival Court-Métrange : les squelettes métalliques de Patrice Pit Hubert envahissent l’endroit et occasionnent bien des frayeurs auprès des visiteurs…

Un flou cette fois davantage maîtrisé (je l’espère) et qui sied davantage au sujet (me semble-t-il).

Merci à GBertrand pour cette version encore plus inquiétante…




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
13 Commentaires
  1. Un flou onirico humoristique ?

  2. J’ ai bien du mal, avec ce flou … Pourquoi ?

  3. Ah oui ! Le titre, je ne l’ avais pas lu … Pourquoi pas, alors ?

  4. Moi aussi j’ai eu besoin du titre pour comprendre l’intention. Donc ce flou assez envahissant est surtout gênant… Et le vignettage ne me semble pas nécessaire non plus.
    Pour clarifier l’intention, on pourrait par exemple faire en sorte que les seules parties dans les valeurs sombres soient le squelette et le personnage. Plus un discret recadrage.

  5. Sans le flou et sans le vignetage, on perd le côté fantasmagorique, qui est le seul intérêt de cette vue. Par contre, je note l’idée de travailler autrement les deux personnages et peut-être de recadrer en supprimant la partie basse (j’ai bien envie quand même de laisser l’escalier : les bébés du monstre l’attendent là-haut…)

  6. Excellent ! Ce traitement renforce le côté ténébreux. M’autorises-tu à la mettre en seconde ligne ? Merci à toi.

  7. Sans problème, Matoufilou !

  8. L’aspect farce “coucou qui est là” dédramatise la scène, tout de même assez inquiétante.

  9. J’aime bien la version de GB, un peu comme si on regardait la scène à la lunette d’un télescope ce qui, du coup, justifie pleinement le vignettage ! Autre avantage de ce vignettage, il gomme un peu le coté artificiel du flou. Je me rappelle avoir vu ici de superbes carrés minimalistes de Kora où un vignettage flou mesuré donnait des résultats fantastiques. Le flou est possible mais il est souvent plus difficile à utiliser qu’un vignettage comme celui que propose GB …

  10. Qui plus est, le noir s’accorde bien au caractère macabre produit par ce squelette.
    Beau jeu collectif les gars.

  11. Estienne et HR, je suis de votre avis : la version de GB rend bien mieux cette intention initiale d’univers fantastique.
    J’ai encore du boulot pour maîtriser Photochoppe. Heureusement qu’on a des potôs de choc ! Merci GB.

  12. Tout a été dit , … et la préférence pour la version GB.

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