Carnac, août 2016.

Depuis, il paraît que M. Phil est tombé amoureux… on le voit moins.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
7 Commentaires
  1. Interdit face à cette saturation de symboles et de proclamations, comme on le comprend.
    Faire un détour peut-être ?

  2. J’ai déjà vu ce tableau sur le sable de Carnac mais ce n’était pas du tout à cette date … Bon, s’il a trouvé une âme sœur, tout est bien qui finit bien ! L’image doit beaucoup à ce personnage arrêté devant cette fresque éphémère : bien vu ! Mais je l’aurai faite un peu plus lumineuse …

  3. @ Estienne, GBertrand : Phil a longtemps sévi à Carnac, mais je crois qu’il a atteint son sommet durant cet été 2016. C’était tous les matins un nouveau champ de possibles…
    J’ai bien aimé ce personnage (un enfant) coi, interdit devant l’œuvre et suis d’accord que la photo n’a de sens que par lui.
    Merci à vous deux.

  4. C’est étonnant comme un petit personnage a une forte présence dans une composition. C’est le cas ici! Super!

  5. Manifestement, au vu des signes dominants, Phil (PPHILE) était déjà amoureux au moment de créer son mandala et de l’offrir au public. Le petit personnage est évidemment essentiel, j’aurais par contre apprécié un cadrage un tout petit peu plus large pour avoir les cercles en entier.

  6. Pas de phobie pour M Phile !

  7. @ M.HR : Prévisible, mais ne pas la faire aurait manqué.
    @ JLB : Désolé pour le serrement des cœurs. Je suis coutumier du cadrage serré. Je ne sais pourquoi, mais j’aime bien. Comment s’échapper sinon ?

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