… et dans le Samson de la cathédrale de Gaudì, j’ai vu Puigdemont.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
13 Commentaires
  1. Je n’avais pas reconnu l’indépendantiste mais il y a de cela. Barcelone est une ville où Gaudi a laissé une trace extraordinaire que ce soit bien sûr avec la Sagrada Familia mais aussi la casa Batllo. Une rencontre intéressante ! La lumière met bien en valeur le relief des sculptures et le carré est très bien construit avec les 2 éléments.

  2. Belle construction ! De la matière, de l’ombre, de la lumière, du carré, du rond, des lignes, des chiffres, des lettres ! Énormément d’informations dans ce petit carré que l’on découvre progressivement avec bien entendu les statues en chefs d’orchestre. J’aime !

  3. Waouuuh, merci à tous les deux !

  4. Et un carré magique dans le carré !

  5. … le côté ésotérique de Gaudi.

  6. Bonjour,

    Perso, je trouve que ce carré manque de “respiration”… Les personnages semblent engoncés dans un cadre trop petit…

  7. @ jmlg. J’ai préféré ici la transpiration à la respiration. La forte énergie concentrée cherche à sortir du cadre. C’est un enfermement. Mais, attention, la colonne en haut commence à bouger. Ce personnage est un passeur. La libération n’est pas loin.

  8. Kitschissime Gaudi!
    Cette Sagrada Familia me fait horreur et ta photo me semble souligner cette impression…

  9. Bien que ce ne soit pas le sujet ici, beaucoup à dire sur la Sagrada. Mon discours a évolué avec le temps. Ma dernière visite a été l’occasion de découvrir une lumière intérieure qui m’a laissé bouche bée, littéralement.

  10. @ Matoufilou : Je suis comme toi ! Ma visite, l’année passée, je l’avais réservé en tenant compte de l’orientation du soleil et donc vers 16h. Des flots de lumière entraient par les vitraux de l’ouest inondant ce vaisseau de pierre fantastique : une émotion et un vertige extraordinaires ! Je ne suis pas un spécialiste de l’architecture mais cette émotion me restera longtemps gravée dans le cœur … En complément, la visite de la Casa Batllo : on ne sait pas où donnait des yeux … J’ai mis ici sur LEVG quelques images de cette visite à Barcelone …

  11. @ Estienne, oui je me souviens avec joie de la façade intérieure du Barri Gotic, ainsi que de cette jolie photo des colonnades du parc Guëll… Je vais rechercher tes vues de la Casa Battlo.
    Merci à toi pour ces émotions partagées.

  12. @ Estienne, je n’avais pas fait le lien avec la Casa Batllo. J’ai vu effectivement certaines de ces photos, et ai même tenté d’en commenter en vain (l’épure de l’escalier notamment est magnifique).

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