Pas de parutions en rafale, promis, juste un coup double, à une journée d’intervalle, sur les mêmes lieux (côte sauvage de Quiberon, la semaine dernière), le temps d’une petite scène aimable…




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
3 Commentaires
  1. Je trouve que les personnages en haut manquent d’espace, ce qui est un paradoxe ici ! 🙂

  2. Effectivement ! Et les bras leur en tombent … Dur de massacrer ainsi des touristes dans un si bel endroit …

  3. OK, échec noté.
    Ce cliché m’a plu pour son potentiel d’histoire. J’ai aimé la scène que constitue, à gauche, la femme, pressée de sortir du cadre, et l’homme, qui détourne la tête et que la lectrice aux pieds nus intrigue. Il n’est déjà plus là, il est aspiré hors du cadre. Il va sortir de la photo. C’est l’instant-clé. Tout se referme. Fin de l’histoire.

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