5 Commentaires
  1. Elle me fait un drôle d’effet cette photo… Peut être trop de lumière sur le visage qui donne l’impression que ce monsieur est mort…

  2. Une larme sur la joue ? Ou simplement transpiration dûe à la chaleur ? Je n’ai pas l’impression de mort mais de douleurs, de malaises ou de “mal-être” : très bien rendu !

  3. j’aime bien cette impression de canicule, mais j’aurai peut être recadré pour enlever un peu de l’oreiller qui attire trop le regard ( pour faire disparaitre le coin noir en bas à droite) sinon j’aime beaucoup ce portrait …

  4. Cette photo me plonge dans un abîme de souvenirs. J’y vois la rencontre, le contexte, le film, l’amitié, l’aventure. Ce cliché est une sorte de condensé de tout cela. Je me rappelle de la lumière mais surtout de son abandon lorsqu’il eut sombré dans un profond sommeil. Et je me suis dit que s’il fallait y mettre une légende autant que ce soit la vraie, l’originale.

    C’est une histoire sans fin parce que ce garçon est parti, il a disparu du jour au lendemain de ma vie, de mon entourage, de mon paysage. Ce garçon peut être mort aujourd’hui que je n’en saurai rien. Sur cette photo cependant il est bien vivant, il dort sur un lit que nous partagions dans un hôtel miteux de Sudder street à Calcutta. Je me souviens combien il nous a été difficile de trouver un endroit où dormir à notre arrivée. Personne ne voulait l’accueillir, tous les hôtels étaient soudainement complets, ils n’acceptaient pas d’indiens dans leurs établissements et certainement pas celui là. Il faut dire qu’il n’était pas très présentable. Il portait une chemise beaucoup trop grande qui devait avoir été blanche jadis, un jean maculé par des tâches et des sandales éventrées d’où sortait des pieds noirs de crasse. Lorsque je me suis mis à l’imiter, à me gratter, j’ai fini par comprendre qu’il était atteint par une gale très avancée. Il a fallu jeter tous ces vêtements par la fenêtre. C’est un enfant de la rue qui a grandit trop vite, qui s’est accroché à la vie comme les parasites à la peau. Je l’ai connu il dormait sur les gaths de Varanasi. La ville où la mort est plus sacrée que la vie elle même. La mort est dans chaque pierre, omniprésente, elle est dans le Gange, partout. Peut-être que la mort déteint sur les hommes lorsqu’ils y passent trop de nuits, couchés à même le sol ? Peut-être que la douleur s’inscrit si profond dans le visage qu’on peut même la voir dans les traits de celui qui dort ? Quant au malaise que peut susciter celui qui dort, il est surement dû à ce “mal être” comme vous dîtes, à ce “malconfort” que citait Camus dans La Chute, au fait de ne pas savoir qui l’on est, où l’on doit être et ce que l’on doit faire, sinon continuer à vivre ou bien mourir.

  5. A la lecture ce ce beau texte, on a l’envie de laisser le personnage se reposer même si c’est au prix de sa disparition symbolisée par la masse sombre à gauche de la photo.

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