« Il s'agit de trouver quelque chose d'intéressant dans un endroit ordinaire... Cela n'a pas grand-chose à voir avec les choses que vous voyez, mais cela a tout à voir avec la façon dont vous les voyez. »
Elliott ERWITT
La grève générale de Winnipeg de 1919, la plus importante de l’histoire du Canada, oppose les patrons de la construction et de la métallurgie aux ouvriers qui réclament de meilleures conditions de travail. Le 15 mai 1919, exaspérées par la misère, 30000 personnes quittent leur travail, rejointes par des employés du secteur public. Les dirigeants syndicaux, qualifiés d’agitateurs bolcheviques, sont arrêtés et condamnés en quelques jours à de lourdes peines de prison. Le gouvernement fédéral les accuse de complot contre l’Etat et modifie la loi d’immigration pour pouvoir expulser les migrants de l’Est européen non nés au Canada (catégorie “non préférentielle”). Le samedi 21 juin, une manifestation de solidarité, regroupant ouvriers canadiens et migrants, tourne au drame. La foule retourne un tramway et la police fédérale charge à cheval faisant 2 morts et une trentaine de blessés. La grève est brisée mais l’unité syndicale et le militantisme sont renforcés. Il faudra attendre encore trente ans pour que le droit à la négociation collective soit reconnu.
M.RVR
sur 31 janvier 2025 à 9h18
Merci pour ce pan d’histoire sociale que j’ignorais. Étonné de voir que les canadiens en aient préservé la mémoire.
Matoufilou
sur 31 janvier 2025 à 19h16
Belle et tragique histoire, qui méritait bien que ce wagon prenne racine et que Jean Fraipont l’immortalise.
Encore, encore.
Estienne
sur 6 février 2025 à 15h55
Et donc c’est la photo du “mémorial” de cette journée ? Très belle image avec une belle palette de gris très doux.
La grève générale de Winnipeg de 1919, la plus importante de l’histoire du Canada, oppose les patrons de la construction et de la métallurgie aux ouvriers qui réclament de meilleures conditions de travail. Le 15 mai 1919, exaspérées par la misère, 30000 personnes quittent leur travail, rejointes par des employés du secteur public. Les dirigeants syndicaux, qualifiés d’agitateurs bolcheviques, sont arrêtés et condamnés en quelques jours à de lourdes peines de prison. Le gouvernement fédéral les accuse de complot contre l’Etat et modifie la loi d’immigration pour pouvoir expulser les migrants de l’Est européen non nés au Canada (catégorie “non préférentielle”). Le samedi 21 juin, une manifestation de solidarité, regroupant ouvriers canadiens et migrants, tourne au drame. La foule retourne un tramway et la police fédérale charge à cheval faisant 2 morts et une trentaine de blessés. La grève est brisée mais l’unité syndicale et le militantisme sont renforcés. Il faudra attendre encore trente ans pour que le droit à la négociation collective soit reconnu.
Merci pour ce pan d’histoire sociale que j’ignorais. Étonné de voir que les canadiens en aient préservé la mémoire.
Belle et tragique histoire, qui méritait bien que ce wagon prenne racine et que Jean Fraipont l’immortalise.
Encore, encore.
Et donc c’est la photo du “mémorial” de cette journée ? Très belle image avec une belle palette de gris très doux.
@Estienne : oui, c’est bien le tram de 1919