Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,
Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,
Quand le bourdonnement de la ville insensée
Où toujours on entend quelque chose crier,
Quand tous ces mille soins de misère ou de fête
Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,
Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,
Le regard de mon âme à la terre tourné ;
Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plaine
Prend le même sentier qu’elle prendra demain,
Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,
Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.
Elle court aux forêts où dans l’ombre indécise
Flottent tant de rayons, de murmures, de voix,
Trouve la rêverie au premier arbre assise,
Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !
Victor Hugo
Anonyme
sur 26 octobre 2023 à 12h13
Merci de ce commentaire très bien choisi Anna.
MRVR
Matoufilou
sur 26 octobre 2023 à 12h28
Difficile de passer après Hugo…
Beau carré automnal, très bien photoshopé,
avec de jolis clairs et de très beaux foncés.
On ne se baigne pas dans les feuilles d’érable
mais cela fait à l’œil un tableau fort aimable.
Anonyme
sur 26 octobre 2023 à 13h29
Ta capacité à rimer me laisse pantois.
MRVR
Matoufilou
sur 26 octobre 2023 à 14h43
A frimer tu veux dire ? MDR !
M.RVR
sur 26 octobre 2023 à 14h56
J’avais aussi ça en tête:
Ophélie
Arthur Rimbaud
I
Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d’or.
II
Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
– C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté;
C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits;
Que ton cœur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits;
C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
– Et l’infini terrible effara ton oeil bleu !
III
– Et le poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
Arthur Rimbaud, Recueil de Douai
Anonyme
sur 26 octobre 2023 à 15h16
C’est elle qui fait les bulles en bas ?
M.RVR
sur 26 octobre 2023 à 15h22
Bien vu anonyme !
Jean Fraipont
sur 26 octobre 2023 à 23h18
Un haïku lui convient également :
“Les ors d’automne
Deviennent cendres, neiges
Et larmes d’amants.” (Matsuo Basho)
Jean Fraipont
sur 26 octobre 2023 à 23h26
Que d’inspirations poétiques avec cette photo!!
Anonyme
sur 27 octobre 2023 à 6h18
Merci d’y avoir contribué Jean.
MRVR
Estienne
sur 27 octobre 2023 à 17h33
Un parterre lumineux de l’Automne avec la pluie pour allié : le N&B est beau et la couleur alors … Excellent !
Anonyme
sur 27 octobre 2023 à 18h29
En fait, un bassin artificiel pas très profond dans un square. Les feuilles les plus anciennes se sont déposées sur le fond quand les plus récentes flottaient encore à la surface.
MRVR
Matoufilou
sur 28 octobre 2023 à 7h52
Résumons : en somme
bassin peu profond
et feuilles d’automne
joli cliché font.
M.RVR
sur 28 octobre 2023 à 8h15
C’est ça + le téléphone
Anonyme
sur 28 octobre 2023 à 8h44
C’est un cliché que j’aurais été fier d’avoir composé!
Bravo
Franville
Anonyme
sur 28 octobre 2023 à 8h50
Quel type d’éclairage était-ce? Il m’apparait comme ayant différentes directions; non pas diffus ,mais la somme de plusieurs points d’émissions.
Franville
Anonyme
sur 28 octobre 2023 à 11h22
C’était un éclairage naturel mais qui était un peu filtré par le feuillage.
PS merci pour le compliment.
MRVR
Les feuilles d’automne
Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,
Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,
Quand le bourdonnement de la ville insensée
Où toujours on entend quelque chose crier,
Quand tous ces mille soins de misère ou de fête
Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,
Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,
Le regard de mon âme à la terre tourné ;
Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plaine
Prend le même sentier qu’elle prendra demain,
Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,
Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.
Elle court aux forêts où dans l’ombre indécise
Flottent tant de rayons, de murmures, de voix,
Trouve la rêverie au premier arbre assise,
Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !
Victor Hugo
Merci de ce commentaire très bien choisi Anna.
MRVR
Difficile de passer après Hugo…
Beau carré automnal, très bien photoshopé,
avec de jolis clairs et de très beaux foncés.
On ne se baigne pas dans les feuilles d’érable
mais cela fait à l’œil un tableau fort aimable.
Ta capacité à rimer me laisse pantois.
MRVR
A frimer tu veux dire ? MDR !
J’avais aussi ça en tête:
Ophélie
Arthur Rimbaud
I
Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d’or.
II
Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
– C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté;
C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits;
Que ton cœur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits;
C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
– Et l’infini terrible effara ton oeil bleu !
III
– Et le poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
Arthur Rimbaud, Recueil de Douai
C’est elle qui fait les bulles en bas ?
Bien vu anonyme !
Un haïku lui convient également :
“Les ors d’automne
Deviennent cendres, neiges
Et larmes d’amants.” (Matsuo Basho)
Que d’inspirations poétiques avec cette photo!!
Merci d’y avoir contribué Jean.
MRVR
Un parterre lumineux de l’Automne avec la pluie pour allié : le N&B est beau et la couleur alors … Excellent !
En fait, un bassin artificiel pas très profond dans un square. Les feuilles les plus anciennes se sont déposées sur le fond quand les plus récentes flottaient encore à la surface.
MRVR
Résumons : en somme
bassin peu profond
et feuilles d’automne
joli cliché font.
C’est ça + le téléphone
C’est un cliché que j’aurais été fier d’avoir composé!
Bravo
Franville
Quel type d’éclairage était-ce? Il m’apparait comme ayant différentes directions; non pas diffus ,mais la somme de plusieurs points d’émissions.
Franville
C’était un éclairage naturel mais qui était un peu filtré par le feuillage.
PS merci pour le compliment.
MRVR