Un autre genre de vibration (5 juillet 2022)




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
6 Commentaires
  1. On fait dans le diptyque symbolique Matou !
    Je me lance: alimentation et énergie, deux domaines où notre autonomie est mise à mal.

  2. – «?Vous avez beau dire, y’a pas seulement que d’la pomme, y a aut’chose… Ça serait pas des fois de la betterave ??»
    – «?Si, y’en a aussi?»

  3. Peut-être un peu plus de lumière sur celle de droite pour atténuer le contraste d’exposition et ne jouer que sur le contraste de sujet … une bonne idée, cette composition …

  4. Ma fenêtre la nuit, c’est l’infime et l’intime, le feu intérieur. Ma fenêtre le jour, c’est le large et le monde, et je subis davantage les flux qui passent. C’était l’idée suggérée.

  5. Le noir, le blanc et le gris aussi.

  6. Oui, vive le gris. Merci RV, merci Estienne.
    MTFL

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