Bois de Corps-Nuds (sud de Rennes), 27 novembre.
J’ai beau vivre depuis cent ans (comme Renaud), c’est la première fois en Bretagne que je vois les arbres prendre leurs couleurs d’automne aussi tard. D’ordinaire, ils prennent leurs habits funèbres la seconde quinzaine d’octobre, ou la première de novembre. Cette année, pour la première fois, ce fut la seconde quinzaine de novembre. C’est une des conséquences de la sécheresse estivale : comme ils se sont mis en sommeil pendant l’été, leur agonie automnale s’est déclenchée plus tardivement.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
3 Commentaires
  1. Des sous-bois comme je les aime…fourmillant de détails et de feuilles. Errol Flynn va surgir d’un arbre et dame Marianne sera conquise, comme il se doit.
    Le percement de ce passage forestier a-t-il une symbolique ésotérique ?

  2. A la fois ultra naturel et surnaturel.
    MRVR

  3. J’aime les photos de forêt, de sous-bois et d’arbres. Une ambiance lumineuse malgré la date !

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.