Souvenir d’un été brulant. Rennes, juillet 2022.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
12 Commentaires
  1. ??????????
    MRVR

  2. Je me suis trompé de site, ce n’est pas une photo ?

  3. La photo d’un immeuble rennais en phase d’évaporation ?

  4. J’avoue avoir joué sur les mots, en faisant référence à la fois au film de 1974 et à la qualification d’une tour rennaise problématique. Appelée le Panoramik, cette tour, suite à sa construction, s’est avérée invivable sur ses deux-trois derniers étages, le vent s’engouffrant dans ses bardages métalliques pour siffler sa plainte, de jour comme de nuit. On en a beaucoup parlé localement, et même nationalement, je le découvre aujourd’hui sur Internet. Exemple : https://www.youtube.com/watch?v=v364XcbV8S0
    J’ai donc joué ici sur un aspect visuel à la fois cramé et ventilé (bien ventilé).
    A ma connaissance, à l’heure qu’il est, le problème n’est toujours pas totalement résolu.

  5. Vraiment impressionnant, terrifiant même avec l’explication. Un bâtiment invivable : est-ce possible que des architectes aient obtenu leur diplôme dans une boîte de Bonux?

  6. Drôle ! Les résilles métalliques sont à la mode et je ne crois pas que dans les modélisations on ait pensé au vent et à ses effets inattendus.

  7. J’en fais des “comme ça” avec mon petits fils mais en Légo et on ne pense pas vraiment à les habiter mais à gratter de plus près possible le ciel …

  8. Ce bâtiment me fait penser à une carte de France avec une bretagne qui prendrait le large …

  9. Breatgne avec un B majuscule et mes excuses.

  10. De rien RV.
    Merci pour vos Coms. C’était un petit jeu de construction-destruction qui m’a amusé.

  11. Tu as choisi des bords flous pour que l’on ait l’impression que l’immeuble se dissout. Je me demandais ce que donnerait des bords nets. Mais je pense que tu as eu raison, c’est plus étonnant comme ça. Blagapart

  12. Merci Blagapart, venant de toi c’est flatteur.

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