Les algues en Bretagne, on connaît. Avec une spécialité : les algues vertes. Mais les algues, on sait aussi les accommoder à toutes les sauces (nourriture, cosmétique). Et maintenant on sait même les faire danser. On les jette à l’eau et, en trois tours de valse-vague, elles nous composent un numéro, une figure, dessinent une image. Et ces algues qui dansent ont un discours : l’hydromancie. Il paraît en effet qu’elles prédisent l’avenir. Si vous voyez des figures humaines dans les photos de René Péron, le Monsieur qu’on voit sur cette photo et qui capte ces images, c’est que l’espèce humaine est mal engagée. On y croit ou pas mais le dérangement du climat autorise toutes les folies et toutes les poésies. Merci Monsieur René.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
8 Commentaires
  1. Merci pour ce partage !

  2. En tout cas, je ne sais pas si c’est un effet des algues, mais monsieur René, apparaît bien jovial.
    MRVR

  3. C’est parce qu’il pense déjà à la vue suivante…

  4. Ah ah, on entretient le suspense.
    MRVR

  5. Établissement d’un horizon d’attente. Pour un Monsieur qui arpente les plages, c’est une loi.

  6. Original et sympa !

  7. Un peu plus de rigueur dans la construction de l’image me serait bien allé mais l’image est sympathique et le maître des algues tout autant !

  8. Merci à tous.
    Estienne, dans la reconstruction tu veux dire, puisqu’il m’a fallu modifier l’image sur les bords du haut. On le voit d’ailleurs dans les traces, dont je craignais qu’elles ne vous rebutent. On va donc dire, vu le sujet, que c’est la mer salace qui a déposé en salade son sel de silice.

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