Errance d’un matin de repos, dans la campagne rennaise…




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
8 Commentaires
  1. Tout va pour le mieux, non ?
    MRVR

  2. Mon cœur balance. Joie de ce S au milieu du champ de maïs, mais tout de suite après tristesse de ce S routier au milieu du paysage.

  3. Et le réseau ferroviaire beaucoup plus photogénique, a disparu, en France tout du moins.

  4. Il est encore présent chez nous (la voie passe tout près d’ailleurs et j’aurais pu faire un triptyque, je n’y ai pas pensé). Merci RV.

  5. Quelle ligne ? La photo que j’ai publiée le 23 08 a été faite entre Rennes et Saint Malo.
    MRVR

  6. Rennes-Chateaubriand.

  7. J’aime bien les deux cadrages et les deux images. Trois aurait mieux équilibré l’ensemble ou alors un sujet dominant l’autre avec une image deux fois plus haute (large) que l’autre … je n’ai pas essayé mais cela devrait être une façon intéressante de privilégier l’une sur l’autre en fonction de l’humeur …

  8. A voir pour tes propositions. Pas totalement satisfait non plus. En fait j’ai conçu la photo avant de la faire sur la base de cette opposition entre les deux “serpents”, mais au fond ce sujet “rurbain” ne m’intéresse guère.
    Merci en tout cas Estienne pour le regard.

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