Petit matin du 21 février 2022.
Après le geste politique, le geste poétique.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
6 Commentaires
  1. Beau et…fier, l’oiseau !
    Superbe cliché.

  2. D’accord avec GB.
    Mais je trouve que le vignettage est un peu trop accentué.
    MRVR

  3. Très belle photo animalière. D’accord aussi avec M.RVR
    Il y en a un derrière chez moi : dès que je le vois (ou l’entend), je vais chercher mon APN et quand je reviens, il est parti. M’agace, mais je l’aurai !

  4. Je l’ai également guetté longtemps. Je savais sa présence par les trous faits dans les troncs morts de mon petit bois, mais sans parvenir à le voir. Puis ce matin-là du 21 février, la fenêtre de la salle de bain était ouverte et il était là, trônant. Sans faire de bruit, j’ai récupéré l’appareil et clic-clac, in the box. Le vignetage accentué dans mon esprit disait cela, cette focalisation sur l’oiseau, à la fois commun dans nos campagnes et très discret, voire mystérieux.
    Merci à tous les trois et bon courage Jean dans ta quête.

  5. Excellent ! Et il n’est pas facile à faire, ce portrait !

  6. Merci Estienne, je confirme.

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.