Œuvre de la plasticienne Serena Carone vue dans l’église de Valloire en février 2020.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
5 Commentaires
  1. Dommage que l’arrière plan parasite un peu ce beau visage.
    MRVR

  2. Et si tu t’imagines un drapeau bleu et jaune en arrière-plan, mon cher RV, est-ce que ça parasite moins ?

  3. Alors, il faudrait un cadre plus large ?
    MRVR

  4. J’aimais pourtant bien l’action pudiquement resserrée sur ce visage enclos, avec d’un côté la part d’ombre et de l’autre les deux teintes dont on devine la couleur…

  5. oui, le bleu et le jaune mais en attendant, le fond parasite quand même ce beau visage …

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