Au débotté le piaf. Désolé pour le léger flou, mais il allait si vite. Cette mésange m’a tenu compagnie pendant tout le confinement. Son conjoint hélas s’est fait croquer très tôt. Le survivant n’a pas chômé, je peux en témoigner. Et jamais je ne suis parvenu à le saisir comme ici.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
3 Commentaires
  1. L’oiseau qui rendait visite à l’homme en cage.
    MRVR

  2. Très véloces, très vives ces mésanges ! Donc sujet difficile et haute vitesse impérative pour avoir une chance de les stopper ! Je connais des personnes qui ont ce genre de problème !!! Mais c’est toujours une visite agréable …

  3. La difficulté majeure était surtout le vitre qui nous séparait… J’ai aussi photographié un hérisson, un chevreuil, un crapaud, des salamandres, des abeilles, des scarabées, des lombrics, des scolopendres, des fleurs, mais c’est mon RV avec la mésange qui avait alors le plus d’importance. Elle a été pour moi le symbole de cette période de mars à mai 2020. Deux ans plus tard, elle est toujours là et commence à s’affairer de nouveau près de la capucine. J’attends qu’elle me présente son compagnon 2022.

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