Jacques Lucas, le 26 octobre dernier. Âgé aujourd’hui de 77 ans, il a réalisé l’essentiel des sculptures de sa maison entre 1983 et 1986. Bientôt 40 ans plus tard, la végétation a poussé et les ont épousées.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
5 Commentaires
  1. Et les a épousées.

  2. 3 ans seulement pour réaliser tout ce travail !
    Curieux comme le haut de son corps contraste avec le bas.
    M RVR

  3. Un bonhomme qui semble frêle face à ce travail ! Chapeau bas !

  4. Ah oui, visiblement, il a du caractère!

  5. Et tous les jours il est dans son atelier sous les combles (domaine réservé, dommage, j’aurais bien aimé voir) où l’accaparent des milliers de toiles… Singulier bonhomme.
    Admiration.

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