Now is the winter of our discontent / … / And all the clouds that lour’d upon our house / In the deep bosom of the ocean buried.” (Shakespeare, Richard III).

Pour moi, c’est le contraire, l’hiver m’allège, m’ôte un poids. L’horizon se rétrécit, mais il m’augmente.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
8 Commentaires
  1. Superbe bouquet d’hiver !

  2. Bravo! Ça donne presque une envie de grand froid.

  3. Vraiment très beau ! mystérieux , presque fantomatique .
    the winter is coming.

  4. Douceur de givre et de froid … mais que je trouve un peu engoncé dans ce costard trop étroit … bien sûr, il faut se tenir serré pour se tenir au chaud ! Mais quand même …

  5. @ Estienne : Je préfère les conversations intimes aux discours devant une foule. Ce bel arbre du matin n’avait pas besoin de plus d’interlocuteurs. C’est la qualité de la relation qui compte, non ?
    Merci à tous pour vos commentaires.

  6. J’aime beaucoup cet ancrage avec les pieds dans la terre.

  7. Mieux qu’un arbre ou un portrait d’arbre: un arbre rêvé, un arbre qui rêve. Et ici le cadrage me paraît tout à fait adapté. Beau travail.

  8. Un arbre qui rêve, c’est une jolie formule.
    Merci Jean, merci JLB.

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