… version 2022.




Matoufilou

« L'une des déchirures propres à la poésie », c'est que, « ce qui est devant moi, au moment où je le dis, il faut justement qu'il ne soit plus. Les objets soumis à l'épreuve du poème, pour pouvoir briller d'un vif éclat, doivent cesser d'être ce qu'ils sont pour devenir langage. » Avec ce paradoxe que « dans le même temps le langage les sauve et les porte à leur être. » (Fabrice Midal, Pourquoi la poésie ? L'Héritage d'Orphée, Pocket, 2010). Lisant cela, je songe également à la photo, où c'est le même principe : ce qui a été pris en photo (l'objet de la prise de vue) n'est déjà plus, est devenu langage. Et cependant c'est par ce langage qu'il existe, et qu'il prend éventuellement une existence nouvelle, devient, pour reprendre une expression désormais galvaudée, une réalité « augmentée ». Ce paradoxe confirme le cousinage (à mes yeux du moins) de la photo et de la poésie. La « déchirure » propre à la photo, c'est qu'elle ne fait exister son objet qu'en le faisant disparaître.
13 Commentaires
  1. Avec cette fille sublime au milieu, que je n’ai pas vu lors du déclenchement (ou je ne me souviens pas), mais qui m’est apparue telle à le relecture.

  2. pas vue…

  3. Quelle belle scène. Dommage que les jambes en haut à gauche … Mais que faire ?

  4. Intéressant mais dommage qu’il n’y ait pas 4 personnages comme chez Manet et que les personnages ne soient pas isolés

  5. Et oui, la population a augmenté depuis l’époque, le moindre coin de verdure est surpeuplé, les quatre sont devenus cinq, le désir est maintenant du côté des femmes, et la belle aux beaux atours a lu Barthes (“l’érotisme est la mise en scène d’une apparition/disparition”). C’est ainsi mes bons Messieurs, le monde évolue…
    Mais il reste beau, non ?

  6. Peut être recadrer en ne prenant en compte que les 4 personnages à partir de la droite ?
    MRVR

  7. il faudrait nettoyer tous les éléments parasites pour ne conserver que les personnages, ajouter au passage un petit panier repas, mais ce serait une autre photo. En fait ce qui m’a intéressé ici, c’est le personnage féminin central qui pour moi focalise le regard à l’exclusion de tout le reste. En découvrant la prise de vue, je crois être instantanément tombé amoureux de cette Victorine Meurent 2022. Si j’avais dû retravailler la photo davantage, je n’aurais conservé qu’elle. Et cependant c’est son environnement qui lui donne cette chair et cette présence. D’où sa conservation, concentrée sur un format panoramique, qui le dilue, le rend anecdotique.

  8. Effectivement, la dame du milieu a “de la conversation” comme on disait … il y a longtemps ! Un cadrage et un recadrage forcément difficile mais je suis d’accord sur le fait qu’elle illumine cette scène et que la scène la magnifie ! Alors, que faire ? Peut-être tout simplement rien !

  9. C’est vrai que malgré la partie gauche qui parasite l’image, elle a une force qui exerce un véritable pouvoir de fascination sur notre imaginaire masculin. J’aurais avoir un point de vue féminin, mais il n’y en a plus sur ce blog et c’est bien dommage.
    MRVR

  10. Jolanissa ? Et Camille Crettol est un garçon ? Louise Marquise, où es-tu, et Brigitte David, et Josée, et toutes ces dames que nous avons perdu au fil du temps ?
    C’est vrai qu’on manque de points de vus et de travaux féminins sur ce site.
    Et si nous proposions peut-être pour sujets quelques beaux garçons et/ou quelques filles de manière un peu sensible ?

  11. Très belle composition ! Retirer les jambes, c’est faisable, mais c’est du boulot qui n’en vaut peut-être pas la peine.

  12. Scène sympa, mais complètement écrasée verticalement. OK, la meuf est mignonne, mais ça ne fait pas une photo. Enfin si, une photo souvenir…

  13. Merci Jean.
    Et merci Tristan. cette photo souvenir aura au moins permis que je m’interroge sur ce qu’est une photo. Pourquoi on la choisit et pourquoi on la montre. Je vais y songer.
    MTFL

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